Les Tarbais, forts de la video, qui désormais gouverne tout, se doutaient que les Toulonnais les attendrait au près. Pas parce qu'ils y sont forts - c'est le moins que l'on puisse dire ! -, mais parce que la logique voulait que le match ce joue là. Les Pyrénéens tentèrent de ruser en s'écartant justement des zones de combat, pour surprendre les Noirs sur le centre du terrain...
Nous ne sommes ni en possession du deuxième degré d'entraîneur, ni titulaires de vingt capes chez les Bleus, mais il nous semble bien que Torossian et Carbonneau se sont fourvoyés. Il aurait suffit que les leurs portent le ballon, en mauls et pick and go, comme avaient su le pratiquer les apprentis blagnacais, pour que le RCT ne se retrouve autrement en difficulté.
Car le temps passe et les protégés de Jean-Jacques Crenca tardent à se mettre en place sur les fondamentaux. L'entraîneur des avants ne s'en alarme pas pour autant et on peut le comprendre. L'effectif est pléthorique, la concurrence fait rage et pendant que Toulon cherche la bonne combinaison - qui ne devrait pas se révéler avant le dernier déplacement de l'année à Agen -, Toulon... gagne !
Et pas uniquement sur du talent individuel, comme on a un peu trop tendance à le dire. Nous aimons beaucoup Martin Jagr. Comme tout le monde. Mais s'il a toujours eu le sens, l'attirance et la maîtrise de la ligne d'essai, il n'en a pas planté quatre par cette alchimie.
Ai'i forcément plus surveillé - et donc les autres plus libres -, les rucks moins compliqués que prévu - jusqu'à ce que Tarbes rectifie le tir -, le RCT a pu mettre en place ce jeu qui lui va à ravir. Déployée, redéployée, alimentée et réalimentée, la ligne d'attaque en surnombre devint irrésistible. D'ailleurs ce sont souvent des avants - Fitzgerald, Toevalu - qui accentuèrent l'effet de nombre en effectuant la passe décisive pour l'essai.
Nous ne reviendrons pas sur l'aspect extrêmement juste -ou injuste- de la victoire de Toulon. L'important, pour ses supporters c'est tout de même qu'avec le minimum de ballons et de sérénité au combat, il caracole ainsi en tête !