Peut-on encore parler de surprise ? D'exploit ? Onserait tenté de répondre par la négative. En revanche, continuité. Stabilité. Qualité.Combativité. Autant de termes qui collent cette saison à l'épiderme du HTV.
Victorieux à Gravelines il y a une semaine, les Varois ont de nouveau dressé la nappe de fête samedi face à Pau-Orthez (74-64). Dans un registre différent. Moins huilé. Moins collectif. A croire que les réservoirs de certains étaient à moitié pleins. Ce qui arrive...
« J'ai dit aux joueurs à la pause qu'on n'était pas dans un bon jour. La victoire passait alors par la défense. Ils ont su le faire. »
Un match bizarre
Maître Weisz n'est jamais à court d'arguments. A chaque chapitre, il adapte la ponctuation. Ce match bizarre n'a pas dérogé à la règle. « On a bien commencé. Puis, le rythme s'est cassé. On n'était pas dans le timing. On a pris l'eau... » La première période fut d'ailleurs délicate à gérer. Les Palois étaient même dominateurs au rebond. Secteur d'ordinaire maîtrisé par les tours jumelles, Masingue et Williams.
Dans un tel contexte, la joute s'annonçait délicate. Glissante. Grinçante. Les fauves n'étaient plus que des matous aux griffes limées. Mais bougés par leur coach, ils ont retrouvé de leur sauvagerie lors de vingt dernières minutes menées au tempo des tam-tams !
Fleuron de cette révolte, Sean Colson. La geisha a mis les Béarnais sur la tête. En solitaire certes - ce qui n'est pas du goût de tous ses partenaires (un brin frustrés parfois) -, mais y avait-il vraiment une autre alternative ?
« Il a pris le match en main. A assuré le score poursuit Weisz, les papilles envoûtées par les bulles d'un champagne servi aux vestiaires. Et les autres garçons se sont battus comme des lions contre une équipe qui n'est plus la même qu'en début de championnat. »
Le HTV, alpiniste dans l'âme, poursuit donc son ascension du mont Pro A. L'idéal, afin de clôturer cette phase aller en beauté, serait de ne pas dévisser à Orléans.
La foire, en effet, n'est pas finie. Si ce qui est pris n'est plus à prendre, le plus beau est devant. Comptez sur le gourou varois pour le rappeler à ses disciples. A ses as des As qui ne demandent qu'à rafler la mise devant une salle pleine et chavirée de bonheur.