Newsletter Actualité

Abonnez-vous gratuitement
Var-Matin

Actualité Var

mardi 10 juin 2008

Pierrefeu : le personnel de l'hôpital séquestre la direction

 Les trois cadres retenus ont été libérés hier soir. MM. Potoczek et Bartel (assis, de g. à d.), respectivement directeur des soins et directeur de l'établissement, devaient passer la nuit au bureau.  :  Dominique Fournioux Les trois cadres retenus ont été libérés hier soir. MM. Potoczek et Bartel (assis, de g. à d.), respectivement directeur des soins et directeur de l'établissement, devaient passer la nuit au bureau. : Dominique Fournioux

Au village, les habitants n'en croient pas leurs oreilles. Hier, Michel Bartel directeur du centre hospitalier spécialisé Henri-Guérin de Pierrefeu, Jean-Marie Potoczek, directeur des soins, et la directrice financière, Yvette Savi, ont été retenus en otage par le personnel, hier. La décision de séquestrer ces trois cadres a été prise à la suite de l'annonce faite par la direction de supprimer trente-cinq contrats à durée déterminée, de suspendre les stages de formation et de ne remplacer aucun départ à la retraite. Ce, afin de résorber un quart des 2,047 millions d'euros de déficit affiché par l'établissement.

Le porte-parole de l'intersyndicale, Jean-Louis Jouai (FO), et ses camarades du bureau - Marc Monier (Unsa), Didier Brocard (CFDT), Valérie Chaluet (CGT) et Arnaud Troubadi (Sud) - affirment avoir tout tenté pour éviter pareille extrémité. « Le directeur nous a reçus pour dire que sa décision était irrévocable. On a alors décidé, avec l'accord de nos militants, de frapper un grand coup afin de nous faire entendre », indique Jean-Louis Jouai.

« Non » aux suppressions d'emplois

Quelques minutes plus tard, le directeur et les deux cadres sont enfermés dans une salle du premier étage. Une centaine de salariés envahit les couloirs. La tension monte. Les responsables syndicaux exigent de leurs otages qu'ils obtiennent un rendez-vous avec leurs homologues du Var. « Tous les établissements départementaux sont confrontés à des soucis budgétaires similaires. Ce n'est pas en mettant les gens à la porte que la situation va s'améliorer. Au contraire. Que vont devenir nos malades ? Et à l'heure où les hautes instances déclarent vouloir améliorer le service public hospitalier, cette façon de résorber des déficits est-elle acceptable ? Je dis, nous disons : non ! »

En fin d'après-midi, le directeur (1) réaffirmait qu'il campait sur ses positions. Le personnel décidait, à l'unanimité, de le retenir au moins jusqu'à aujourd'hui. Michel Bartel a pu finalement quitter l'hôpital, tard hier soir, l'intersyndicale annonçant sa libération, comme celle de M. Potoczek. Mme Savi, « qui a des petits ennuis de santé », avait déjà été relâchée.

Le conflit n'a pas affecté pas la qualité des soins, car le personnel s'est relayé aux chevets des patients. Mais le bras de fer entre la direction et les syndicats n'a jamais été aussi disputé. « Le déficit ne sera jamais résorbé, surtout pas de cette manière. Sauf si la volonté de nos gouvernants est de faire dans les hôpitaux publics comme à La Poste, de supprimer les fonctionnaires et de confier au secteur privé la partie restauration, intendance et pourquoi pas médicale », insiste Jean-Louis Jouai.

Selon lui, le secteur psychiatrique pierrefeucain est en danger de mort. Lui et ses camarades comptent sur le soutien des élus des communes voisines pour faire plier la direction. Direction qui applique des directives nationales. Une chose reste certaine, l'hôpital de Pierrefeu est malade.

1 Michel Bartel n'a pas souhaité répondre à nos questions.

Gérard Cresteil
Var-Matin

Les autres titres

maville.com Tous les flux RSS d'actualités