Née en 2003 au Kenya, la petite Inaya vit depuis quatre ans à Toulon avec ses parents adoptifs. En 2007, trente-trois enfants ont été adoptés à l'étranger par des Varois, soit moitié moins qu'en 2005. : Photo Félix Golési Tant d'amour à donner... Mais la froideur des chiffres rappelle d'entrée la réalité. L'an dernier dans le Var, 43 enfants ont été adoptés, alors que le nombre de familles candidates frôle les 400... Un nombre en hausse, tandis que celui d'enfants en situation d'être adoptés est en baisse.
Et sans doute faut-il s'en réjouir. « Les faits sont là. Dans les pays développés, les progrès de la protection sociale, de la prévention et de la contraception réduisent le nombre d'abandons, explique la responsable de l'unité « adoption, pupilles de l'État et accès aux origines » du conseil général. A l'étranger, au fur et à mesure que les nations ratifient la convention de La Haye (1), dans l'intérêt supérieur de l'enfant, on cherche d'abord des parents adoptifs dans le pays d'origine. » À titre d'exemple, les orphelins du tsunami, malgré l'immense élan international de solidarité, ont été, dans leur grande majorité, adoptés sur place.
« Donner une famille à un enfant. Et non l'inverse »
Depuis 2005, le nombre de Varois ayant adopté à l'étranger a carrément diminué de moitié : 62 enfants en 2005 et seulement 33 l'an dernier. « Après un important essor de l'adoption internationale, le mouvement s'est stabilisé pour désormais diminuer sensiblement. Et localement, en 2007, tous les enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance du Var, pouvant être adoptés, l'ont été. »
D'où l'impatience, et, plus souvent encore, la détresse de ceux qui attendent et attendent encore. Car décrocher l'indispensable agrément ne donne en aucun cas « droit à un enfant ». « La priorité, c'est donner une famille à un enfant. Et non l'inverse », rappelle la responsable du service adoption.
Compétence exclusive des conseils généraux, la délivrance de l'agrément demeure l'étape clef sur le long chemin de l'adoption. « La parentalité adoptive requiert plus de tout : plus de travail psychique, plus de vigilance, plus de tolérance à l'inconnu, plus d'adaptabilité. Ce n'est vraiment pas donné à tout le monde. Nous nous devons d'être extrêmement vigilants afin d'éviter les échecs: ils sont destructeurs pour l'enfant, bien sûr, mais aussi pour la famille. »
Les refus sont toujours extrêmement difficiles à entendre et à accepter. Car la majorité des familles en attente d'adoption ont déjà derrière elles un parcours douloureux. Fait bien souvent de longues années de lutte contre l'infertilité. « Et nous avons bien conscience de leur demander encore beaucoup. » Il leur faut alors commencer un autre cheminement avant d'être estimés aptes à adopter.
« On entend souvent dire : "Un enfant, qu'il soit adopté ou biologique, c'est pareil." Bien sûr que non. Même un bébé, adopté à trois mois, a déjà sa propre histoire. Et connu une première rupture. » À laquelle les parents adoptants devront savoir faire face afin de l'inscrire dans leur propre lignée.
1. En date du 29 mai 1993, sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.
c'était dans nos tripes »