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dimanche 13 janvier 2008

Victimes d'une épidémie les dauphins s'échouent sur la côte

 Hier, à La Seyne, les badauds se sont succédé sur le port, attirés par la présence d'un dauphin égaré. Comme nombre de ses congénères, l'animal, malade, est condamné.  :  Laurent Martinat Hier, à La Seyne, les badauds se sont succédé sur le port, attirés par la présence d'un dauphin égaré. Comme nombre de ses congénères, l'animal, malade, est condamné. : Laurent Martinat

Le jeune dauphin qui erre depuis hier dans le port de La Seyne est mourant, victime de l'épidémie de morbillivirus qui frappe actuellement les dauphins bleus et blancs. Le diagnostic, posé par le Dr Franck Dupraz, vétérinaire membre du « réseau échouage », est sans appel.

« Depuis le début de la semaine, c'est le cinquième animal qu'on nous signale sur les côtes françaises. Il y a en a eu un à Cannes, un à Giens, un à Bandol et un autre à Port-de-Bouc. Les autopsies ont confirmé qu'il s'agit de ce virus. Quand ils arrivent près de la côte, ils sont en phase terminale, on ne peut vraiment rien faire », poursuit le vétérinaire.

Soixante-quatre morts depuis juillet dernier

Depuis le début de cette épidémie, à la mi-juillet dernier, le « réseau échouage » a déjà recensé soixante-quatre dauphins bleus et blancs morts sur le littoral français méditerranéen.

La maladie, qui frappe périodiquement cette espèce, avait fait des ravages en 1990-1991, tuant 148 dauphins près des côtes méditerranéennes françaises, entre septembre 1990 et février 1991. « Habituellement, nous enregistrons une cinquantaine d'échouages par an, toutes espèces de dauphins confondues, dont 90 % de dauphins bleus et blancs », précise le responsable du réseau échouage, le Dr Franck Dhernain.

En attendant, toute la journée d'hier, la présence de l'animal, un jeune d'environ un mètre dix, très amaigri, a réjoui les badauds ignorant son triste sort, venus en nombre tenter d'apercevoir le gentil dauphin. Certains ont tenté de s'en approcher. L'hiver, heureusement, a refroidi les ardeurs et il n'a pas eu à subir le bain de foule imposé l'été dernier au baleineau échoué sur une plage à Fréjus.

D'autres ont voulu à tout prix tenter quelque chose pour le sauver, et ont assailli toute la journée le standard des sapeurs-pompiers.

Si le dauphin est encore là aujourd'hui, il n'y aura plus qu'une chose à faire, indique Franck Dupraz : « Le laisser mourir en paix. »

C. Martinat

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