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Édition du lundi 12 novembre 2007

RCT : apprendre et voir

Les Anglais disent "wait and see". Dans le Pacifique ce doit être la même chose. Sauf que plutôt que d'attendre, le RCT version hémisphère sud, s'empresse d'apprendre. Comme la saison dernière, la venue de Béziers ne fut qu'en trompe l'oeil. Parce que la volonté des hommes d'Olivier Saysset n'était pas de venir combattre jusqu'au sacrifice, mais d'accomplir une formalité en limitant, autant que possible, les dégâts. On retrouvera sans doute les Biterrois à un meilleur niveau, lorsqu'ils l'auront décidé.
Il s'agit bien là d'une manière d'apprentissage. Et celui de la pro d2, sans être insurmontable, nécessite néanmoins un véritable temps d'adaptation, une analyse multipolaire. Oyonnax a beau rester dans la lointaine périphérie, voire même à la marge, des grands clubs historiques du rugby français, il n'en demeure pas moins toujours respectable, éventuellement redoutable. Pour une fois, pourtant, ce tâcheron de l'ovalie ne s'était pas présenté à Mayol à visage masqué.
Plutôt que de s'y déplacer en empruntant la dialectique chère à Henri Broncan ("nous sommes des petits qui venons nous instruire à Toulon"), Christophe Urios avait annoncé : "Nous allons à Mayol pour combattre et tenter de montrer ce dont nous sommes capables..."

Oyonnax en référence

Voilà qui est donc fait et bien fait. Du reste les joueurs et l'encadrement du RCT, tout en regrettant éternellement le fameux jeu à "la limite" des Oyonnaxiens, ont néanmoins rendu un hommage sincère et mérité à ces visiteurs atypiques, à défaut d'être sympathiques. Alors d'accord, les combattants de l'Ain ont parfois fermé le jeu, sauté sur tout ce qui bougeait et sûrement usé d'involontaires largesses d'un arbitre qui ne peut débusquer toutes les arguties d'une équipe qui se bat avec ses armes, son courage et l'opportunisme qui les accompagnent. Au final, le résultat est loin d'être catastrophique. Il manque un point de bonus ! Et alors ? Comment peut-on penser vraiment qu'Oyonnax va en concéder à la pelle, à droite ou à gauche ? Ne faut-il pas se demander, au contraire, si ce club ne va pas aller grapiller quelques points, y compris ceux d'une victoire, là où ce n'est pas annoncé ? L'USO n'aurait sans doute pas connu pareil état de grâce en conquête directe et sur les ballons portés, si elle avait dû effectuer le même déplacement au début du printemps. Car comme le soulignait Orene Ai'i, l'homme du match : "Il y a de nouveaux joueurs intégrés toutes les semaines." Anton Oliver, Saimone Taumoepeau, George Gregan et -haute- société, ne pouvaient redescendre de leur pied d'estal, débarquer d'une autre planète, de but en blanc.
Voilà ce que c'est que d'apprendre et de voir. C'est à dire, de patienter. Tous ont commis des fautes. Il les admette avec l'humilité et la lucidité qui distingue les grands Champions des petits vaniteux. Dans quelques semaines, au plus tard deux ou trois mois, le rêve entrevu deviendra bien réalité. "Qui peut le plus, peut le moins" dit-on en France. Dans le Pacifique ce doit être la même chose !

Jacques Larrue
Nice-Matin
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