Les enseignants du lycée régional du Coudon se sont rendus en mairie de La Valette hier. : Gérard Raynaud Réunis en assemblée générale hier matin, les enseignants du lycée du Coudon ont voté la reprise de la grève hier, toujours pour protester contre la suppression de 19 postes à la rentrée prochaine (13 + 6 départs à la retraite non remplacés).
Toujours très mobilisés - les syndicats annonçaient 80 % de grévistes - les professeurs se sont rendus en délégation à la mairie de La Valette où ils ont été reçus par le sénateur-maire Christiane Hummel. « Elle a voté le budget, la suppression de ces postes, nous voulons qu'elle change d'avis » soulignait un représentant syndical. « Aujourd'hui, tout candidat à une élection nous soutient. Puis-je me permettre de sourire ironiquement ? »
Des gonflements d'effectifs
Humour mis à part, le corps enseignant du Coudon se dit très inquiet : « la conséquence de ces suppressions, ce sont des gonflements d'effectifs. Dans certaines options, on en viendra à regrouper des élèves de seconde, première et terminale pour le latin par exemple, comme cela se pratique déjà. »
« Toutes les expériences qui devaient déboucher sur une cohésion volent en éclat » se plaint un autre délégué syndical. « Rien qu'avec le volume d'heures supplémentaires de cette année, on pourrait déjà sauver 3 postes. »
« En fait, le rectorat transforme des heures postes en heures supplémentaires. Si nous sommes moins nombreux, nous ferons forcément plus d'heures. Moins bien payées, mais défiscalisées. L'Etat ne sera même pas gagnant » explique une jeune enseignante. « Le problème, c'est que pour un prof, heures supplémentaires signifient classes supplémentaires, donc charges de travail plus lourdes. Au bout du compte, les élèves sont pénalisés. »
Aujourd'hui, les cours reprennent normalement au lycée. Mais les syndicats annoncent d'ores et déjà la mise en place d'une coordination interétablissements en vue d'actions communes.